La vie file

lundi 22 avril 2019
par  BC

LA VIE FILE

La vie file, la vie file, la vie ne tient qu’à un fil
Fil de lumière ou fil de lin
A la fois sûr et incertain
A la seconde où tu es né
Le compte à rebours a commencé
Mais ne cours pas
La vie ne se rattrape pas,
Ou si, parfois, quand on ne s’y attend plus
Dans l’or d’un regard, sous le velours d’un doigt, inattendus

La vie file, la vie file, la vie ne tient qu’à un fil
La main caressante des vents oblitère
L’empreinte des pas perdus dans la poussière,
Alors nait cet enfant divin
Surgi des insondables limbes des passés anciens :
« L’indomptable présent »

La vie file, la vie file cousue d’or ou de fil blanc
Mais qu’importe puisqu’au bout du compte le grand couturier, c’est le néant
Puisque de chanvre ou bien d’argent
La corde qui, un jour vous porte,
Le lendemain tout aussi bien vous pend

La vie file, la vie file
Une maille à l’envers, une maille à l’endroit
Qui pourra juger du résultat ?
Celui qui loge au-delà du miroir sans tain ?
Là où les eaux profondes et noires
Dorment et se moirent
Au soleil du silence sans fin

La vie file, la vie file
A mille années-lumière d’ici
Qu’est-ce que ça signifie ?

Dans la paix ou dans la douleur, il t’incombe d’être
Présent là où tu es, car chaque seconde est ta tombe
D’où tu renais l’instant d’après
La vie file
La vie file
Ne t’écarte pas d’un fil,
Suis le droit fil de la voie

Ni torture, ni sinécure, voyage n’est pas villégiature,
Cahin caha, chemin faisant, un fil secret se déroule en
Dedans.

La vie file, la vie file
Que tu vives ou que tu meures
Impassible ou immobile
Le temps éternel demeure

Jean Sousseau


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